Publication de l’étude comparative des pratiques de gestion en faveur du Butor étoilé en Europe

Cette étude vise à synthétiser les retours d’expérience en matière de gestion des zones humides en faveur du Butor étoilé à l’étranger avec l’objectif d’en tirer des informations utiles pour la gestion des zones humides en France.
Une méthodologie a été mise en place pour obtenir des informations sur le Butor étoilé et la gestion des zones humides à l’échelle européenne. Les données ont été collectées de façon systématique à partir d’un questionnaire à destination des gestionnaires de zones humides européens et par des recherches d’informations complémentaires.
Des informations provenant de 14 pays ont été obtenues : l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Hongrie, la Lettonie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Turquie. Ceux-ci ont été regroupés en quatre secteurs géographiques en Europe : nord-est, sud-est, centrale et ouest.
L’expansion naturelle du Butor étoilé au nord-est de l’Europe
Du nord-est de l’Europe à l’ouest, on observe un gradient d’interventionnisme plus important dans les zones où la population de butors et la qualité de ses habitats de reproduction sont en déclin. Ainsi, il est le plus marqué à l’ouest et au sud de l’Europe.
Ce gradient résulte au moins partiellement du changement climatique. Par exemple le stress hydrique dû à l’augmentation de la température ainsi qu’au changement de fréquence et de saisonnalité des précipitations s’accentue sur les zones humides méditerranéennes côtières et dégrade les roselières au détriment des espèces de hérons paludicoles.
En contrepartie, les conditions climatiques deviennent potentiellement de plus en plus favorables pour le butor dans le nord de l’Europe. La croissance du roseau se trouve stimulée par l’eutrophisation de l’eau et les effectifs de Butor étoilé sont stables voire en augmentation. Les pays qui bordent la Baltique interviennent donc peu sur le milieu, si ce n’est pour couper du roseau de première année pour recréer de l’hétérogénéité dans la roselière.
Des interventions sur l’habitat avant tout
Parmi les pays qui agissent en faveur du butor, les principaux leviers d’actions portent sur principalement l’habitat pour développer et régénérer la roselière (coupe, étrépage, écobuage, plantation de semis), assurer une gestion hydraulique propice à l’alimentation de l’espèce et au maintien du milieu (assec, installation d’ouvrages hydrauliques, désenvasement). De façon complémentaire, les pays interventionnistes ont parfois recours à de l’empoissonnement pour soutenir le développement de la ressource trophique et au contrôle des prédateurs (Renard roux, Chien viverrin, Vison d’Amérique).
Au regard des différents contextes analysés, il ressort que les retours d’expérience britannique et néerlandais correspondent probablement le mieux aux conditions rencontrées par les gestionnaires des sites français. Le cas anglais a été étudié au cours du voyage d’études de novembre 2025 (lire article). Aux Pays-Bas, les gestionnaires ont mené des actions globales en faveur des espèces paludicoles sans particulièrement cibler le Butor étoilé avec des résultats également significatifs dans la mesure où la population de butors est en augmentation (entre 300 et 400 mâles chanteurs selon le dernier rapportage européen).